Zéro euro. C’est exactement ce que coûte l’immatriculation d’une micro-entreprise en France depuis la réforme du guichet unique en 2023. Pas de frais de dossier, pas de notaire, pas de capital minimum. Juste un formulaire en ligne, quelques documents et une dizaine de minutes devant un écran. Pourtant, des dizaines de sites facturent encore des « frais de service » à des candidats entrepreneurs qui ne savent pas que la démarche officielle est entièrement gratuite.
Que tu veuilles arrondir tes fins de mois, tester une activité en parallèle d’un emploi salarié, ou lancer une vraie activité indépendante, la micro-entreprise reste le statut le plus simple à ouvrir. Voici comment t’y prendre sans dépenser un centime — et sans te faire piéger par les plateformes payantes.
Ce que couvre vraiment la gratuité
L’immatriculation au guichet unique
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création passent par le guichet unique électronique de l’INPI, accessible sur formalites.entreprises.gouv.fr. C’est la seule plateforme officielle. La création y est gratuite, le dépôt du dossier aussi, et l’attribution du numéro SIRET ne génère aucun coût supplémentaire.
Avant cette réforme, les auto-entrepreneurs passaient par l’Urssaf. Le processus a changé d’interface, mais le principe reste le même : aucun frais d’État n’est facturé pour créer une micro-entreprise. Si un site te demande de payer pour « accélérer » ton dossier ou te proposer un « service premium », ferme l’onglet.
⚠️ À garder en tête
Des dizaines de plateformes privées imitent l’apparence du guichet officiel et facturent entre 49 € et 149 € pour un service que tu peux faire toi-même gratuitement. Vérifie toujours que tu es sur formalites.entreprises.gouv.fr avant de saisir la moindre information.
Ce qui n’est pas inclus dans la gratuité
La création en elle-même ne coûte rien, mais certains éléments connexes peuvent générer des frais selon ton activité :
- Assurance professionnelle : obligatoire pour les métiers du bâtiment, de la santé, du conseil juridique. Compter 200 à 600 € par an selon le secteur.
- Compte bancaire dédié : obligatoire si ton chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. Certaines néobanques proposent des comptes pros gratuits (Shine, Qonto version basique).
- Formation préalable : exigée pour les artisans (stage de préparation à l’installation, entre 200 et 300 €), sauf dispense.
- Domiciliation : si tu ne peux pas utiliser ton adresse personnelle, une domiciliation coûte en général 15 à 30 € par mois.
✅ À retenir
L’immatriculation est gratuite à 100 %. Les coûts éventuels viennent de l’activité elle-même, pas du statut. Un auto-entrepreneur freelance en prestation intellectuelle peut démarrer sans débourser un euro au-delà de la création.

🎯 Les étapes pour créer sa micro-entreprise sans frais
Préparer son dossier avant de commencer
Le formulaire du guichet unique est simple, mais mieux vaut avoir tout sous la main avant de l’ouvrir. Une session incomplète peut bloquer ton dossier.
Le code APE (activité principale exercée) est attribué automatiquement par l’INSEE selon la description de ton activité. Tu n’as pas à le chercher toi-même, mais savoir à quelle catégorie tu appartiens (commerciale, artisanale, libérale) détermine tes plafonds de chiffre d’affaires.
Une pièce d’identité en cours de validité suffit pour la plupart des activités. Les artisans devront aussi fournir leur justificatif de qualification professionnelle.
Tu peux exercer sous ton nom civil ou sous un nom commercial. Si tu optes pour un nom commercial, pense à vérifier sa disponibilité — un point détaillé dans ce creation micro entreprise gratuite pour ne pas te retrouver en conflit avec une marque existante.
Connecte-toi sur formalites.entreprises.gouv.fr, crée un compte, puis suis le parcours « Créer une entreprise individuelle ». Le formulaire prend entre 10 et 20 minutes. Tu recevras ton SIRET par email sous 1 à 5 jours ouvrés.
💡 Notre conseil
Choisis une date de début d’activité cohérente avec ta réalité. Si tu la fixes au 1er janvier mais que tu commences à facturer en mars, tu devras quand même déclarer un chiffre d’affaires nul pour janvier et février. Commence à la date à laquelle tu prévois ta première facturation.
Après la création : les obligations gratuites et celles qui coûtent
Ce que tu dois faire sans frais
Une fois ton SIRET obtenu, plusieurs obligations administratives s’appliquent — et la plupart sont gratuites :
- Déclaration de chiffre d’affaires mensuelle ou trimestrielle sur autoentrepreneur.urssaf.fr (gratuit, en ligne).
- Tenue d’un livre de recettes : un simple tableau Excel suffit pour les micro-entrepreneurs. Pas besoin d’un logiciel comptable payant au démarrage.
- Facturation : aucune obligation de logiciel spécifique, mais les factures doivent respecter un format légal (mentions obligatoires, numérotation). Des modèles gratuits existent sur le site de Bpifrance.
« En 2023, plus de 900 000 micro-entreprises ont été créées en France — un record absolu. Le statut représente désormais plus de la moitié des nouvelles immatriculations. »
— Rapport annuel INPI, données 2023
Les plafonds à ne pas dépasser
La micro-entreprise n’est pas un statut « sans limite ». Deux seuils conditionnent son maintien en 2024 :
| Type d’activité | Plafond CA annuel | Taux de cotisations |
|---|---|---|
| Vente de marchandises | 188 700 € | 12,3 % |
| Prestations de services BIC | 77 700 € | 21,2 % |
| Activités libérales BNC | 77 700 € | 23,1 % |
Dépasser ces seuils deux années de suite entraîne un changement de régime — pas une sanction, mais une sortie automatique du statut micro. Les cotisations, elles, se calculent uniquement sur le chiffre d’affaires réellement encaissé : si tu ne factures rien, tu ne paies rien.
0 €
coût officiel de la création d’une micro-entreprise en France
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour recevoir son SIRET après la création ?
Une fois le formulaire soumis sur le guichet unique de l’INPI, le SIRET est généralement attribué en 1 à 5 jours ouvrés. Dans certains cas (activité réglementée, vérification complémentaire), le délai peut s’étendre à 2 semaines. L’Urssaf envoie ensuite une confirmation par courrier sous 2 à 3 semaines.
Peut-on créer une micro-entreprise en étant salarié ?
Oui, dans la majorité des cas. Un salarié du privé peut cumuler son emploi avec une micro-entreprise, sauf si son contrat de travail contient une clause d’exclusivité. Les fonctionnaires peuvent aussi créer une micro-entreprise, sous réserve d’une déclaration à leur employeur public et du respect des règles de cumul d’activités.
Faut-il obligatoirement ouvrir un compte bancaire professionnel ?
Non, pas immédiatement. La loi impose un compte bancaire dédié uniquement si le chiffre d’affaires annuel dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. En dessous de ce seuil, un compte courant personnel séparé suffit. Au-delà, un compte pro ou un compte dédié chez une néobanque devient obligatoire.
Quelle est la différence entre micro-entreprise et auto-entreprise ?
Aucune depuis 2016 : les deux termes désignent le même statut juridique. L’appellation « auto-entrepreneur » était le nom popularisé lors de la création du régime en 2009. Depuis la loi Pinel, le régime a été intégré au statut de micro-entrepreneur. Les deux mots sont utilisés indifféremment dans le langage courant.
Peut-on fermer une micro-entreprise aussi simplement qu’on la crée ?
Oui. La cessation d’activité se déclare également sur le guichet unique de l’INPI, gratuitement, en quelques clics. La radiation prend effet dans les jours qui suivent. Il faut ensuite effectuer une dernière déclaration de chiffre d’affaires à l’Urssaf pour solder les cotisations restantes.